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3.1 Fragrances 2: La parfumerie et le fascisme (4)

La parfumerie et le Fascisme en France

Au début du XXe siècle, le jeune parfumeur François Coty, fondateur de la Société des Parfums Coty (Calvin Klein, Cerruti, Jennifer Lopez, Rimmel, aujourd'hui détenue par la famille Reimann) qui avait fait ses armes chez Guerlain, tente d'importer en France ses préférences politiques, d'inspirations mussoliniennes. A l'époque, l'héritier d'orangeries et de distilleries corses comprend bien vite l'intérêt de la publicité pour attirer les masses et construire un empire : à la veille de la guerre, les parfums Coty deviennent numéro 1 dans le monde avec des succursales à New York, Londres, Moscou et Buenos Aires. En 1920, il se lance dans la politique et cherche à importer en France le fascisme italien : il rachète d'abord "Le Figaro" et "Le Gaulois", qu'il droitise durement, puis soutient une succession de diverses mouvements plus ou moins racistes, comme Le Faisceau de George Valois,  l'Action Française, puis les Croix de Feu, dont le siège social est situé dans les locaux du "Figaro". Avant de fonder, en 1933, sa propre ligue fasciste, Solidarité française, d'obédience maurassienne.

Autre figure historique du parfum à l'ère industrielle : Eugène Schueller. En 1907, le père de Liliane Bettencourt, la femme la plus riche du monde, fonde le groupe L'Oréal,  tout en subventionnant le Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR), un mouvement terroriste d'extrême droite surnommé La Cagoule, dont André Bettencourt, son futur gendre, est un militant actif. En 1941, il crée le Mouvement social révolutionnaire, ouvertement pronazi, avec l'approbation du chef de la Gestapo, Reinhard Heydrich. Après la guerre, il est lavé de tout soupçon de collaboration et obtient même la croix de guerre et la Légion d'honneur.

Source : Marie Vaton. Ces parfums aux odeurs d'extrême droite – Le Nouvel Observateur 2013.  Ces parfums aux odeurs d'extrême droite. Link nouvelobs.com