2.Terroirs & territoires

Espace vécu, espace perçu: recherches géographiques
 
Illustration. Costumes & Coutumes: les pêcheurs de San Pier d'Arena (Riviera italienne)
 
Nos recherches sur ce sujet concernent plus particulièrement la géographie, à partir des travaux des folkloristes et des historiens des religions. Ils visent notamment à dégager, autour d’exemples méditerranéens, les principales caractéristiques et évolutions des représentations des territoires et de leurs habitants. La capacité de l’homme à représenter l’espace semble relever d’un invariant culturel d’une grande universalité. Nous avons cherché ici à l'aborder dans le cadre d'une opposition structurelle entre espace vécu et espace représenté, dont attestent les recherches des psychologues, des archéologues, des ethnologues et des géographes. Les premières représentations spatiales auraient vu le jour dans cette perspective avec les monuments préhistoriques qui marquaient le territoire. Elles seront documentées par la suite avec les cartographies des itinéraires maritimes et bien plus tard avec les représentations paysagères de la Renaissance. L’image concentrique d’un cosmos centré autour du corps humain, de sa maison et de son terroir demeure encore dominante de nos jours. Mais au-delà des frontières qui délimitent ces territoires, un monde inconnu et inquiétant subsiste, longtemps incarné par la mer et ses îles. Les nouvelles technologies sont-elles en train de remettre en cause ces représentations traditionnelles ou de les renouveler ? C’est l’une des interrogations que posent les développements contemporains de la cartographie grâce aux outils performants issus des technologies informatiques. Nos réflexions se prolongent par ailleurs sur notre page web intitulée Art, Science & Landscape.
 
SOMMAIRE DES PUBLICATIONS 
 
2.1 Géographie mythique et toponymie. Lorsque l'ethnologie étudie, comme l'archéologie, les vestiges du passé, son approche est toutefois différente. En matière de géographie mythique, l'ethnologue recherche ainsi les survivances d'un antique système de croyances, à travers un vaste corpus de légendes, traditions ou rituels. Le "matériau" de l'ethnologie diffère donc, de par sa nature, de celui de l’archéologie. Si l'on y retrouve des phénomènes d'emprunt, de diffusion et de contact, il possède sa propre logique, qui est celle du récit. Par là même, l'ethnologie s'apparente à la critique littéraire. Parmi le riche "matériau" comparatif auquel emprunte l’ethnologie, la toponymie représente un domaine du plus grand intérêt qu’elle partage avec les historiens. 
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*Toponymie légendaire des Iles corses (Actes des 3° Journées Universitaires Corses de Nice, 19-20 mai 1995). Lire l'article: géographie&insularité 
 
2.2 Territoire et cartographie.  De tout temps l’homme a cherché à se situer dans l’espace, à connaître et explorer le territoire qui l’entoure. La carte met plus particulièrement en scène les enjeux et les relations de l'homme avec le territoire, car elle répond souvent à une volonté de contrôle de l'espace et de ses ressources. Région de frontières par excellence, les Alpes Méditerranéennes en offrent une bonne illustration au travers de l'histoire de leurs représentations topographiques. Les cartes et les itinéraires présentés ici visent à offrir un lien entre tradition et modernité, au travers d'un dialogue entre les cartes anciennes et la cartographie interactive contemporaine dans sa dimension anthropologique. 
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*Les enjeux de la cartographie dans les Alpes méditerranéennes: Bordighera (publication en ligne). Lire l'article: terroirs&cartographie 
*Les enjeux de la cartographie dans les Alpes méditerranéennes: San Biagio (publication en ligne). Lire l'article: terroirs&cartographie 
 
2.2 De la carte au territoire : les divisions agricoles traditionnelles du littoral de la Riviera. Un observateur attentif peut encore retrouver la trace d’une certaine unité du paysage autour des vastes terrassements qui s'étageaient des rivages de la mer au sommet des montagnes des Alpes méditerranéennes. Avec leurs “jardins” suspendus, offrant toutes les variétés de cultures en fonction des étages climatiques, ils composaient un tableau végétal varié et luxuriant. Ces “jardins de terrasses” témoignent de l'existence d'une société originale, fondée sur une économie autarcique, et qui sut tirer le meilleur parti d'un "écosystème" varié et complexe. 
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*L’effet frontière et l’écriture du paysage. Quelques réflexions à propos des “Observations … d’un cultivateur de Diano” en 1818 (Nice Historique 1996). Lire l'article: Frontières&paysages 
 
2.3 Lieux de mémoire, mémoire des lieux: Bordighera JudaicaLa carte répond aussi à des enjeux identitaires, visant au contrôle de l’espace et de la mémoire collective qui lui est associée. Située en Italie, à la frontière de la France et de la Principauté de Monaco, la palmeraie de Bordighera représente un espace de rencontre et d'échange interculturel exemplaire à plusieurs égards. Au-delà du témoignage sur la genèse d’un patrimoine paysager transfrontalier, elle s’inscrit en effet dans l’histoire de la mémoire juive en déshérence dans cette région comme dans l’ensemble de l’Europe. Les lois raciales de 1938 et la tragédie de l'Holocauste ont en effet effacé les traces de la présence juive sur la Côte d’Azur italienne, lesquelles perdurent toutefois au travers des jardins historiques et botaniques de notre réseau "Riviera Gardens". Quatre de ces jardins historiques patrimoniaux sont ainsi ouverts au public à Bordighera. Ils témoignent de plus de cinq siècles d'une histoire qui a mis en contact le monde méditerranéen et les civilisations qui l'abritent. 
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*La palmeraie de Bordighera: visite guidée (publication en ligne). Lire l'article: bioarchive/lieux-de-memoire 
 
*Un exemple d’amnésie collective : l’histoire française de Nice (article en préparation). L’idée commune selon laquelle les identités se fondent sur la mémoire est une construction idéologique. Elle repose sur un processus bien connu de «naturalisation», résultant de l’application de concepts psychologiques, d’ordre individuel, à des phénomènes sociaux. Cette recherche en cours de rédaction s’intéresse au contre-exemple d’une identité collective fondée sur l’oubli, l’invention de l’histoire française de Nice lors du rattachement de cette région à la France. Dans quelle mesure est-on fondé à parler d’oubli ou d’amnésie en matière d'histoire et de sociologie et qu’entend-on plus précisément par ces termes, qui relèvent originellement du domaine des pathologies de la mémoire?