Migrations & échanges culturels: Recherches socio-économiques

Le monde méditerranéen apparait dès l’Antiquité comme une unité territoriale dotée d’une indiscutable homogénéité, héritée de l’œkoumène des Grecs. Il s’agit effectivement à cette époque d’un monde fortement connecté, avec des réseaux de routes terrestres et maritimes qui irriguent et mettent en contact plusieurs continents. Ces itinéraires remontent au néolithique, à l’époque où les peuples de chasseurs cueilleurs se sédentarisent et donnent naissance aux grandes civilisations antiques. Cette thématique interculturelle est développée ici autour de l’étude de grands échanges commerciaux comme le pastoralisme avec la Route du Sel ou l’industrie minière et le commerce de ses productions. Les sujets abordés traitent aussi de l’histoire de la navigation, des migrations et des frontières, et notamment de leur impact contemporain sur les représentations des territoires et des identités qui leur sont liées. Elles interrogent à ce sujet l’actualité d’une civilisation en déshérence qui se métamorphose sous nos yeux.

LA ROUTE DU SEL. De Nice à Cuneo. Da Nissa a Coni: l’impact sociologique du commerce du sel dans les Alpes du Sud. Nous avons contribué, en 1999, à une reconstitution historique de la Route du Sel qui traversait autrefois les montagnes des Alpes du Sud, du littoral provençal de Nice aux plaines du Piémont italien. Le sel était alors un produit vital pour l’économie à dominante pastorale de l’ancien Etat de Savoie, et plus particulièrement pour sa façade maritime niçoise. Aux besoins traditionnels de la montagne, ce commerce associait les produits de la mer à ceux du moyen-pays méditerranéen. Les chemins du sel était en effet les mêmes que les routes des transhumances, menant chaque été les troupeaux de la Provence et de la Ligurie vers les pâturages des alpes voisines. Outre l’élevage ovin et la production fromagère, le sel entrait par ailleurs dans la production des salaisons. A base principalement d’olive, porc ou poisson, elles étaient l’une des grandes ressources économiques de toute la région. Par sa grande diffusion et ses multiples usages, le sel était enfin une véritable monnaie d’échange pour l’ensemble des productions agricoles et artisanales de la montagne méridionale des Alpes. Lien

FRONTIÈRES & MIGRATIONS. Lieux de mémoire et mémoire des lieux. L’Histoire ne s’écrit pas seulement dans les livres. Elle s’inscrit aussi dans les lieux, les objets et les hommes, ou encore dans l’art, qui la transcende. Nous avons organisé à ce sujet une exposition présentée à Cannes en 2007, dans les locaux de la CGT dont les militants furent à l’origine du Festival du Film à l’époque de la seconde guerre mondiale. Elle se proposait d’illustrer les difficultés du métier d’historien, autour de recherches alors inédites portant notamment sur la question juive sur la Côte d’Azur pendant la seconde guerre mondiale. Tombée dans l’oubli et la mauvaise conscience, l’histoire de cette période tourmentée remonte à la promulgation, par le régime fasciste de Mussolini, des lois raciales qui conduisirent à l’expulsion vers la France des Juifs réfugiés en Italie. On y découvre des fragments de vies brisées, des espoirs volés et toutes ces petites lâchetés et solidarités quotidiennes qui participent à l’écriture de l’Histoire. La fragilité de ces témoignages n’est pas sans poser bien des questions, et notamment celle de la validité des interprétations qui prétendent fonder la mémoire. Elles nous interrogent aussi sur l’actualité des migrations dans ces mêmes régions et sur la pérennité des frontières dont elles semblent attester. Lien

NAVIGATION ET COLONISATION. Article en préparation. Héritage méconnu des débuts du néolithique, la navigation connut ses plus grands développements dans l’Antiquité, avec des innovations majeures en matière de construction navale, de voilure ou encore d’armement des navires. Les Grecs étaient alors en concurrence avec les Phéniciens pour le contrôle des routes maritimes qui parcouraient la Méditerranée. Il existait alors trois principaux types de navires, ceux destinés à la guerre, les vaisseaux de commerce et d’innombrables petites embarcations destinées à la pêche ou au commerce local. C’est à cette même époque, vers le milieu du VIe siècle BC, que l’on rapporte l’essor de la science géographique. Il sera largement redevable des développements de la navigation et notamment de la fondation de l’empire d’Alexandre et de l’expansion que connaît alors la civilisation grecque. Depuis cette date et jusqu’à nos jours, l’histoire de la navigation (et plus discrètement celle de la pêche), occupent une place majeure dans l’histoire des civilisations mais aussi dans l’imaginaire collectif.