5.3 Urbi et Orbi

Les groupes humains ne sont pas uniquement rattachés à leur lieu de résidence, mais à l’ensemble géographique plus vaste des espaces avec lesquels ils sont en relation. Ces interactions spatiales complexes reposent sur des facteurs objectifs, basés essentiellement sur la complémentarité économique, mais aussi sur des représentations subjectives qui relèvent de l’ostentation, voire de la cosmologie. La ville est de ce point de vue un espace social central, produit par ces mêmes groupes humains au travers des pratiques et des institutions qui l'organisent et la mettent en valeur. Ses principales fonctions relèvent de l’habitat, des échanges commerciaux et culturels, de la cohésion sociale notamment militaire ou religieuse, ou encore du partage et de l’exploitation administrative des ressources. Pour l’anthropologie, la ville (et plus particulièrement peut-être la ville méditerranéenne) est donc une scène, où se laissent appréhender les stratégies des acteurs et les idéologies et les croyances dont ils se réclament.
 
ARTICLES (A VENIR)
 
Urbanisme et anthropologie. Les villes concentrent désormais l'essentiel de la population de la planète et ces évolutions remettent en cause les anciens modèles. La dialectique qui oppose espace public et espace privé est un élément majeur pour comprendre la dynamique d’une société. L’anthropologue Abraham Moles estimait à ce propos que tout espace social possède un double caractère, à la fois sociofuge et sociopète. Cette double dimension permettrait selon lui de favoriser le contact entre les individus tout en maintenant les distances entre les groupes sociaux. Les rues, les places, les commerces sont des institutions majeures de l’espace urbain qui illustrent plus particulièrement la fonction sociale de l’urbanité qui apporte aux acteurs sociaux en les insérant dans des réseaux plus vastes. Lire: Urbanisme et anthropologie
 
Prospect & Ostentation. La ville ne se laisse pas réduire à ses seules fonctions économiques. Elle est aussi de longue date, dans le monde méditerranéen, un espace doté d’une forte valeur symbolique. Les temples et les palais sont au centre de l’urbanisme antique, et ils le resteront dans le monde médiéval jusqu’à nos jours. Cette fonction d’ostentation donnera naissance dès le moyen-âge à Rome, aux prémisses de la notion moderne de patrimoine. Sous l’impulsion du tourisme, le marquage patrimonial de l’espace urbain est devenu de nos jours un élément fondamental de l’urbanisme.
 
Friches & Périphéries. Dans sa fonction d’organisation de l’espace social, la ville peut se décrire comme un ensemble de cercles concentriques. Il s’agit en quelque sorte d’un modèle gravitaire doté d’un (ou plusieurs) centre, qui polarise les activités et hiérarchise les flux, et de frontières qui définissent des discontinuités socio-spatiales. Dans le monde méditerranéen traditionnel, les périphéries abritent des populations liées à des corporations particulières, comme les pêcheurs ou les tanneurs et les potiers.