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3.2 Religions & rituels agraires

La mise à mort rituelle et la résurrection d'un "dieu", royauté éphémère ou "esprit de la végétation" est au cœur des thèses de Frazer. Elle est aussi au centre de la mystique de grandes religions comme le Bouddhisme ou le Christianisme. Ce rituel d’un grand universalisme est généralement un rituel agraire, la “mise à mort” d’une plante ou d’un masque végétal. Mais c'est aussi un rite shamanique, issu des archaïques sociétés de chasseurs où l’on cherche ainsi à s'assurer la pérennité du gibier. De la préhistoire à nos jours un même schéma semblerait donc gouverner l'histoire des religions. Nous vous proposons de retrouver la trace contemporaine de la plainte douloureuse et éternelle de l'homme confronté aux angoisses de la mort et aux mystères indicibles du divin dans les pratiques festives qui se sont conservées en marge de la liturgie. Elles nous révèlent aussi l'essence esthétique et conviviale de la fête.
 
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Saintes espèces & nourritures festives. Le temps pascal, qui s’étend du Carnaval au Corpus Domini, témoigne de la place centrale tenue par divers rituels culinaires et les nourritures festives qui les accompagnent, dans des formes qui s’apparentent très souvent à une véritable “cuisine du sacrifice”. Deux des principaux aliments qui ont caractérisé la révolution du néolithique marquent ces antiques traditions : le pain et le vin. Ils sont présentés ici au travers d’un inventaire des fêtes traditionnelles qui leur sont consacrés dans les Alpes méditerranéennes.
Danses rituelles & mauresques. En Carnaval, à la fin des cycles festifs du nouvel an prenaient place des danses et combats rituels nommés Mauresques, lesquels passaient pour une illustration de la lutte des Chrétiens contre les Sarrasins. Ces danses et leur mise en scène carnavalesque représentent une illustration exemplaire de ces cérémonies de mise à mort et de résurrection qui sont l’âme des “Passions Végétales”.
Palmes & Rameaux. Les fêtes de Pâques débutent avec les rameaux tressés du Dimanche des Palmes, une coutume médiévale qui se retrouve dans toute l’Europe. Dans le Sud de la France, en Italie, Grèce, Moyen-Orient et en Espagne, ces rameaux sont composés de feuilles de palmier tressées.
Le blé germé des sépulcres. Peu avant les fêtes de la Pâques, on met des grains de blé à germer dans les caves, à l'abri de la lumière. Ils prendront une couleur blanche qui souligne le caractère dramatique de la Passion du Christ, laquelle se déroule loin du jour, dans la lumière tamisée des "sépulcres".
Le châtaignier & les musiques de la Passion. "Et voilà que le rideau du sanctuaire se fendit en deux, la terre fut secouée, les roches se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent. » (Mat., XXVII, 51-52). C’est dans ces termes “apocalyptiques” que l’Evangile décrit la mort du Christ; une scène de fin du monde célébrée le Vendredi Saint au travers d'une musique de la Passion où les instruments végétaux dominent. Ils donnaient lieu à un charivari indescriptible. Une musique qui est aussi une musique du silence, puisque c'est l'époque où l'on attache les cloches des églises en signe de deuil. On utilise alors ces instruments de musique pour appeler aux offices.
La sainte couronne d’épines. L’évangile de Jean rapporte que, dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint, les soldats romains parodièrent la Royauté du Christ, en le revêtant d’une robe de couleur pourpre, d’un bâton en guide de sceptre et d’une couronne garnie d'épines. «Alors Pilate prit Jésus, et le fit battre de verges. Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre» (Évangile de Jean, 19:1 et 2).
L’arbre de la Croix. Le moyen-âge s’est longuement interrogé sur l'origine du bois de la Croix. La tradition a retenu quatre arbres, correspondant aux quatre parties de la croix, le cyprès pour le patibulum (la partie transversale), le cèdre pour le stipes (la partie verticale), l'olivier pour le titulus (la tablette portant l'inscription) et le palmier pour le suppedaneum (la traverse où reposent les pieds).
L’olivier et les huiles chrismales. Trois huiles dites saintes ou chrismales sont employées dans la liturgie chrétienne: *l'huile des exorcismes ou des catéchumènes (oleum catechumenorum ou oleum sanctum), *l'huile des infirmes ou des malades (oleum infirmorum), *le saint chrême (sanctum chrisma) dit aussi Myron, pour l'onction lors du baptême, de la confirmation, de l'ordination. Ces huiles sont consacrées lors de la messe chrismale de la semaine sainte.
Marie Madeleine & les parfums. Quatre récits liés à la Passion du Christ évoquent une onction d’huiles parfumées, à Béthanie (dans la maison de Simon le lépreux pour Matthieu 26, 6-13 et pour Marc 14, 3-9, dans la maison de Marthe et Lazare pour Jean 12, 1 -10), ou encore chez Simon le Pharisien (sans indication du lieu pour Luc 7, 36-50). Et enfin la mention de Marie Madeleine (Magdala) qui assiste avec d'autres femmes à la mort du Christ (Matthieu 27, 55-56, Marc 15, 40-41 et Jean 19, 25), à son ensevelissement (Matthieu 27, 61 et Marc 15, 47) et la première aussi à rencontrer le ressuscité dans le jardin (Jean 20, 11-18). & (Luc 24, 10).
Les fleurs du Corpus & de l’Epitafios. Venant clore le temps pascal, les processions du Corpus domini voient les rues se couvrir d'un éphémère tapis floral, qui culmine avec les Infiorata de la Ligurie italienne, à l’image des églises d'Orient où le corps du Christ mort est représenté par un lit de pétales de fleurs.

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