Bioarchive

Fragrances 2: fête des citrons (Menton & Principauté de Monaco)

L’ORANGERAIE MENTONNAISE & LA MODERNITE. L’agrumiculture mentonnaise relève, jusqu’au 19° siècle, de la Principauté de Monaco dont la commune fait partie. Au début du siècle suivant, sa production demeure importante mais son déclin s’amorce rapidement. Son orangeraie entre dès lors dans le domaine du patrimoine, avec l’initiative de la fête carnavalesque des citrons qui perdure de nos jours. Une initiative qui a aussi permis de relancer récemment les cultures locales.
Ill. La fête des citrons (photo Saskia Heijltjes Creative commons)
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*Le citron de Menton et le revival de l’orangeraie mentonnaise. Afin de redynamiser la production, les agrumiculteurs mentonnais ont créé l’Association Pour la Promotion du Citron de Menton (APCM). En 2015, le Citron de Menton bénéficie d’une IGP (Indication Géographique Protégée) qui reconnait officiellement, au niveau européen, ses propriétés et sa qualité. Source : http://www.lecitrondementon.org/
*L’orangeraie mentonnaise et les statuts de la Principauté de Monaco (1678). Trois variétés de citronnier étaient cultivées sur Menton. Il s’agit des « Bignettes » qui produisent des fruits à peau lisse et fine, très juteux. Ensuite les « Sériesqués » à peau épaisse et lisse et qui contiennent moins de jus que les Bignettes. Enfin les « Bullotins » peu courant à Menton. Les fruits sont plus gros, leur peau est très épaisse et raboteuse » et ont peu de jus.
TRADUCTION: Il demeure prohibé à qui que ce soit, nul excepté de pouvoir vendre, acheter ou passer tout autre contrat sur les citrons de Menton, avant que leur prix n'ait été établi comme il est dit ci-dessous avec les conditions et accords qui auront été estimés les plus convenables, suivant l'occurrence des temps et cela pour que 1'on puisse, plus utilement et avec certitude, délibérer sur la valeur et la teneur de pareils contrats. Dans 1'avenir, le Conseil Public de ce lieu, sera composé de 18 conseillers qui seront désignés, chaque année par Nous, lesquels, lors de leur nomination, seront tenus de jurer, entre les mains de notre Capitan et Gouverneur, sur les Saints Évangiles, qu'ils donneront toujours leur vote respectif en toute bonne foi et selon ce qu'ils estimeront plus conforme au bien commun, laissant de côté toute passion et intérêt privé et qu'ils observeront, ponctuellement, le contenu des présents chapitres. 
Les statuts de 1678 concernant la vente des citrons à Menton nous permettent de connaître les dispositions légales et le rôle des gens responsables des cueillettes, notamment des "conseils agricoles". Le prince nommait "des délégués", le Comité (ou "magistrat des citrons") choisissait des "Préposés" qui organisaient la cueillette, surveillait les cueilleurs appelés "Tagliatori". Les délégués contrôlaient la cueillette et ils s'assuraient que tous les exportateurs de citrons (qui allaient être vendus) aient bien pays "les droits" (impôts). "Les citrons doivent être cueillis secs, par temps serein. Ils doivent être transportés dans les corbeilles doublées de toile. Si on utilise une échelle elle ne doit pas abîmer les branches. Les cueilleurs ne doivent pas porter de souliers à clous." Les porteurs de citrons s'appellent les "limoneuses" ou "limonaires". Vers la fin du XIXe siècle, les citrons se vendent en caisse de 400 fruits environ. Le prix est calculé par "mille" et se situe entre 20 et 25 francs le mille. Les meilleures années, on a cueilli jusqu'a 40 millions de citrons. Depuis le XVIIIe siècle, les citrons étaient expédiés vers Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Paris, Milan, Turin, Bruxelles, Amsterdam, Copenhague, Francfort, Hambourg, Dantzig, Varsovie. Source : Agrumiculture-Mentonnaise

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