Bioarchive

5.1 Espace vécu / Espace perçu

Les villes concentrent désormais l'essentiel de la population de la planète. Cette extension généralisée du mode de vie urbain s'est accompagnée d'un changement d'attitude par rapport au paysage. De moins en moins vécu comme cadre de vie, il est devenu 'paysage-spectacle', objet de loisirs et de contemplation. Ces évolutions modernes ont eu pour conséquence le développement d'une sensibilité que l'on pourrait qualifier 'd'esthétisante'. L'accélération du rythme de ces changements a par ailleurs généré des phénomènes de saturation, se traduisant par une incapacité croissante d'adaptation des individus et des groupes. Ils résultent tout autant de causes objectives que d'une méconnaissance des processus de transformation des paysages, empêchant la perception et la maîtrise de ces évolutions. Un paysage perçu comme 'dégradé' est en fait un paysage en transition, dont les évolutions non maîtrisées entraînent une crise des représentations. Nos recherches s’efforcent, au travers d’études de terrain et du recueil de témoignages contemporains, de comprendre les difficultés à concilier tradition et modernité, impératifs de rentabilité et sauvegarde du patrimoine, auxquelles sont confrontées les politiques actuelles de l'environnement.

ARTICLES
 
Villégiature et urbanisme de stations. Au tournant des 19° et 20° siècles, l'apparition des destinations climatériques méditerranéennes donne naissance à un urbanisme original. Ce modèle est issu des stations thermales, avec leurs promenades et leurs espaces de distractions. Au XIXème siècle, le balnéarisme du Nord de l’Europe le fit évoluer avec une architecture de front de mer, de palaces et de villas, où les espaces verts allaient occuper une place importante. Cet urbanisme de stations a pris sa forme contemporaine sur la Riviera, où son histoire est très documentée par les peintres, les illustrateurs et les photographes, ainsi que par de nombreuses survivances. Lire l’article Villégiature: bioarchive/espaces-verts
 
Aux sources de l'écologie. Les premières mesures de conservation des espaces naturels remontent au XIXème siècle, avec la création des Parcs Nationaux aux États-Unis dans le contexte de la peinture paysagère. C'est en effet un peintre, George Catlin, qui propose dés 1830 de protéger les paysages afin de les conserver. Dans les années qui suivent, l'idée est reprise outre les peintres, par les photographes et les naturalistes. Le premier parc naturel est créé aux États-Unis en 1872, à Yellowstone, suivi du Parc national royal australien en 1879 et par des initiatives similaires dans l'ensemble de l’empire colonial britannique. Ils voient le jour dans les premières décennies du XXème en Europe, dans le contexte du tourisme naissant. Lire l’article Parcs Naturels: bioarchive/parcs-naturels
 
Espaces verts urbains et péri-urbains. Des évolutions majeures ont eu lieu au cours des dernières décennies. Initiées par les Parcs Naturels, autour d'une vision de la nature sauvage issue du Romantisme, elles s'efforcent désormais d'articuler espaces verts urbains et péri-urbains, avec des initiatives du type des Parcs Naturels Urbains (P.N.U.). Le concept de Parc Naturel Urbain (PNU) concerne originellement la réhabilitation des friches urbaines issues de la désindustrialisation. Il s’agit d’une démarche participative, qui reprend la scénographie des Parcs nationaux mais n’impose pas de règlementation contraignante. Lire l’article Parcs Naturels Urbains: bioarchive/parcs-naturels-urbains
 

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